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20 kilos, plastique gris

C’est l’heure du goûter quand l’air s’écrase contre les hublots, remparts sourds aux hauteurs divines, et que l’envolée, qui m’apparaît toujours miraculeuse, commence enfin sous le bourdonnement de la climatisation et le vrombissement peu rassurant des appareils low cost.

Une voix espagnole chante les consignes de sécurité, diversion délicieuse dont les mots -inintelligibles depuis que j’ai quitté la terminale, tiennent au moins la promesse de notre destination.

C’est l’heure du goûter, le café poudreux se dissout laborieusement dans une eau vite chauffée, les nuages en bas ont la forme de l’amour ou d’un bonhomme en pain d’épices, l’hiver est loin pourtant, et je vois dans leurs yeux la même excitation qui chahute mon pouls toutes les fois où je mets les pieds dans un aéroport.

Au moment où leurs vingt kilos frêles s’enfoncent dans les sièges en plastique gris, je pense qu’il est sûrement en train de naître en eux.

Le goût du voyage.


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