top of page

C'était ça, être une famille

Pourquoi vous traînez toujours au lit avant de vous lever ? Parce qu’on adore, elle a répondu.

Neva s’endort en deux secondes alors que lui tourne dans sa couette, souvent il lit en cachette.

Elle aime les bains, plus tièdes que les miens, alors elle vient quand l’eau a légèrement refroidi et c’est parfait, ça picote juste ce qu’il faut sur sa peau.

Lui c’est le jus d’orange et elle c’est la pomme. Ils n’aiment pas quand le chocolat des gâteaux fond sur leurs doigts. Il connaît mes fruits préférés, la quantité de poivre que je mets sur mes plats, elle sort mes chaussures avant que je ne les ai cherchées et sait où je range mes pyjamas. Je les ai vus, détailler mes bijoux, celle-là c’est sa bague préférée parce qu’elle adore le vert.

Maman quand on va dormir tu vas faire la vaisselle et après tu vas fumer ta cigarette ? Je me suis sentie bête. Bien sûr qu’ils savent, quand je vais fumer à la fenêtre.

Ils savent aussi m’imiter et se moquer de moi, et je pense qu’il faut qu’ils aient longuement observé, pour avoir remarqué tout ça.

Je ne sais pas s’il existe plus jolie preuve d’amour. La vie ensemble c’est un apprentissage, quotidien, tout petit, travail de fourmi, toutes nos singularités, décortiquées. Nos humeurs, nos travers. Les habitudes qui tissent des liens, étroits, naturels, ancrés, ceux qu’on ne voit même pas mais qu’on devine, ça devient un instinct, c’est inné.

Parfois les soirs se ressemblent et les week-ends sont tranquilles, ça n’empêche pas les sourires, et ça fait quand même des souvenirs. Comme si ce qui comptait, c’était pas tant ce qu’on faisait, mais tout ce qu’on vivait ensemble, même la routine à la con. Surtout la routine à la con. Je les ai appris comme une poésie et ça m’émeut de voir qu’eux aussi. Les moments, qui s’entassent, qui font qu’on se connaît. On formerait presque une entité. C’est peut-être ça, être une famille. Pas vrai ?





Comments


bottom of page